Panama

PANAMA CITY, Panama – 10 et 11 mai 2010

Brève escale à  l’annexe de Miami...

 

Des images sublimes dans la tête, nous débarquons à Panama City. Nous avons acheté sur internet les pages de Lonely qui vont bien, histoire de ne pas être trop largués... nous n’avons que quelques heures dans la Cité, pas trop le temps de courir partout ! Nous avons eu beau éplucher le bazar dans tous les sens, pas très simple de s’y repérer... du coup, on reste dubitatifs : où vaut-il mieux descendre pour être au cœur de l’action, là où ça bouge, là où ça vit ? Le vieux Panama ? non, ça nous a tout l’air d’être la cité d’avant la cité, une espèce de ville-musée en ruine totalement abandonnée, le truc qu’on arpente de jour l’appareil en bandoulière et qu’on abandonne à son silence et à son indicible passé avant même que le soleil ne pense à décliner... après le coucher du soleil, les ruines se transforment en une jungle sauvage, sans foi ni loi... les loups sortent du bois pour le grand festin... avis aux amateurs de sueurs froides, les touristes sont les proies rêvées de cette inexorable chasse-à-cours... du moins si l’on en croit les guides... ;o)... bon, dans le doute, ne tentons pas le diable... Le Casco Viejo, alors ? ah, ça a l’air de bouger davantage par là, quoique... ce qu’en disent les guides ? la vieille ville, les maisons coloniales en pleine réhab’, quelques restaus, un semblant de frémissement, mais pas un hôtel à l’horizon... sinon LA guesthouse de la ville, le Luna’s Castle, the must of the must, superbe maison coloniale, une déco originale et cosy, le spot incontournable pour les aventuriers du Gringo Trail... mouais pas donnée non plus... et ici non plus les soirées ne semblent pas à ce point recommandées... woh... c’est Chicago alors cette affaire ? Il nous reste quoi au final ? Ah... Bella Vista bien sûr ! Bella Vista, on ne sait pas pourquoi, ça marche toujours... c’est là que se trouvent les hôtels, les auberges, les restaus... où il faut être apparemment...

Alors, à peine arrivés à l’aéroport, c’est sur Bella Vista qu’on jette notre dévolu. Pas le choix, ici, c’est taxi pré-payé obligatoire, alors c’est tout de suite qu’il faut se décider... le prix de la course en dépend. Bon, et bien va pour le Zuly’s Independant Backpackers... tout un programme... le premier du Lonely, ça a l’air correct à vue de nez et forcément bon marché... alors on saute dans notre taxi...

Sur le chemin, on écarquille les yeux comme des soucoupes... wouoh, c’est Miami ici ! L’immense pont au-dessus de la mer, des pseudo-rapaces qui tournoient dans les airs, et la grappe de buildings juste devant...

 

 

 

Miami, on vous le dit...  wouaaaahhh... surprenant... on s’enfonce dans la ville, les buildings laissent la place aux immeubles de plus en plus aléatoires, un patchwork de bâtiments de différents styles, murs bringuebalants et façades défraîchies... un point commun : on n’est pas dans l’antre du design, encore moins dans le territoire rêvé des archis avant-gardistes... on ne parle même pas d’un soupçon de boboïsation en vue... diantre ! Le taxi finit par se faufiler dans une allée chaotique, puis stoppe dans une impasse déguisée en terrain vague urbain, devant un immeuble absolument décrépi, d’un glauque infini, une espèce de caricature ultime de l’hôtel crasseux de dernière zone... à travers les vitres branlantes, tout en haut de l’immeuble, on aperçoit des lits superposés collés aux fenêtres crasseuses... juste impossible ! on se regarde, désemparés... « ouais, non, là, quand-même pas... si ? »... ben non ! pas le courage de se faire le plan loose à donf’... OK, on ne vise pas le 5 étoiles, mais là, bon, pfffffffff... on renonce... sauf que, voilà, on renonce, d’accord, mais on fait quoi maintenant ? il nous faudrait un peu plus d’infos sur le patelin... céoùkifohaler ?? coup de bol... juste à deux pas, il y a un point cyber... sauvés ? on y file, histoire d’imprimer les quelques pages qu’on a réussi à choper sur Panama City sur le site du Lonely. La fille est plutôt sympa, on lui raconte notre mésaventure... Re-coup de bol, elle a LA solution. Certes, on ne va pas passer toute l’après-midi à chercher un hôtel ! No souci, elle en connaît un juste à côté, correct, pas excessif, le mieux, c’est d’aller voir... On va voir... pas le Pérou, mais correct. Ils sont en train de refaire l’hôtel, rien de grandiose, mais ça ira bien pour une nuit... il ne reste plus qu’une chambre... assez grande, avec deux lits doubles... ben, tiens, c’est pour qu’on puisse s’engueuler en toute quiétude, ou pour élargir notre terrain de jeu ?... certes, nous n’avons qu’une nuit ici, mais nous avons quand-même TOUTE la nuit... eh oui... ;o)... à part ça, pas de fenêtre, on ne peut pas tout avoir... enfermés là-dedans, on se croirait coupés du monde... pas grave, le monde, on y retourne illico... alors, on ne va pas tergiverser pendant des heures, l’essentiel est ailleurs... on pose les sacs, 3 petits tours sur internet, et nous voilà repartis...

 


OK, on a compris, il n’y a rien à faire dans le quartier, c’est juste un non-quartier... comme un « non-lieu », on est passés par ici et on oublie... on n’a pas trop de temps dans le quartier, alors il va falloir choisir... on sent bien que ça va être court, la pause panaméenne... On chope un tacos, direction la vieille ville....

 

Re-traversée au milieu des buildings de verre et des vieux immeubles, béton en déserrance. Nous nous faisons déposer au bout du bout du bout... juste devant la très jolie Ambassade de France, un magnifique bâtiment colonial, bien stylé européen, joliment ouvragé, avec sa petite place, ses arbres... un parfum de Province du bout du monde... à côté, la maison des Arts et de la Culture, forcément... et, juste devant, la mer... la Casco Viejo est comme une presqu’île, une avancée dans la mer... en face, d’autres buildings, la ville moderne, érigée toute droite, la ville qui bouge, qui compte, qui court, un autre visage de l’Amérique, un pied dans le tradi, l’autre dans la modernité, esprit colonial contre nouvelles technologies...

Fenêtres arrondies, auréolées de bleu, d’orange, balcons courants en fer forgé, plaques de rue en faïence, du linge qui pend aux fenêtres dans la chaleur moite d’un après-midi plombé... discussion à bâtons rompus sur le trottoir, toute la famille installée sur des chaises en plastique, voisins-voisines et les enfants... on scrute les gens qui passent, on salue un voisin, on commente la presse locale, les nouvelles du jour ou les dernières coiffures à la mode, on refait le monde... ou, plus vraisemblablement, on enchaîne les négociations domestiques...

 

 

 

 

 

 

 

 

on croise ça et là des ruines de la cité-d’avant, anciennes églises, vieilles demeures bourgeoises, murs oubliés au temps, abandonnés à la gourmandise d’une nature avide de reprendre ses droits... ici et là, une façade dressée toute seule... derrière, juste le vide. Il y a de la rénovation dans l’air ! on casse tout, on garde l’esprit... Et bien sûr, aussi, quelques jolis bâtiments parfaitement rénovés, peinture flambant neuve, ferronnerie reluisante et immenses jarres de verdure, bâtiments publiques, riches demeures ou hôtels de charme pour occidentaux nostalgiques... des petites boutiques d’artisanat local, joliment mises en valeur, hyper colorées, le soleil dans chaque objet... des petits restaus branchés avec leurs terrasses cosy envahissant les trottoirs, ambiance contemporaine... et c’est vrai que l’ensemble de tout cela, c’est carrément beau... Nous sommes dans la vieille ville, c’est indéniable, l’âme de Panama...

 

 

 

 

 

 

 

 

Ballade au bout de la presqu’île, juste le tour du bout du bout, une « promenade » fleurie, avec ses petits bancs pour contempler la mer, ses vieux qui méditent ou cancanent sur les derniers ragots du quartier avec l’énergie de l’ultime instant, comme une urgence à régler les affaires en souffrance... cette détermination farouche à tuer le temps avant qu’il ne vous achève, remplir chaque minute, chaque instant, comme pour résister contre le vide futur. David Syndrôme, fait gaffe Goliath... Et, l’incontournable : les petits stands des Must locaux... bracelets tressés de toutes les couleurs, nous rappelant que Cuba, comme la Jamaïque, c’est finalement pas si loin... et, joyaux entre tous, le must have du moment, celui qui envahit toutes les pages mode du printemps, qui ne dévisse pas des têtes des stars californiennes depuis des mois... le fameux, le fabuleux Panama... ! impossible de rentrer à Paris sans lui, inimaginable de remonter la Croisette ou la Promenade des Anglais sans son nouveau greffon... ok, je me le greffe ! enfin, dès que je trouve ma taille... le moins qu’on puisse dire, c’est que même après ce fabuleux voyage j’ai pas vraiment pris la grosse tête ! tant pis, je prends le plus petit parmi les trop grands... peux pas faire mieux. Ouah, pas mal la bête... ! si, moi, j’adore !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plaza de la Independencia, Plaza de Francia, Parque Bolivar, on arpente la vieille ville de long en large, pas un recoin qui nous échappe... On n’aura pas le temps de faire plus que ça, alors faisons-le à fond... ;o)...

Le jour s’étire, le jour s’enfuit... un mojito en terrasse pour fêter la fin du voyage et savourer la tiédeur du soir... demain, nous décollons pour Montréal, gageons que les terrasses seront plus frileuses...

 

 

 

Pour notre dernière soirée en tête en tête avant le grand retour, nous choisissons de nous offrir un des plus fameux restaurants de Panama City, le Manolo Caracol ! Une déco originale, à la fois contemporaine et chaleureuse, expo peinture en prime... pour un concept tout aussi original, autour d’un menu imposé selon le marché du jour et les délires du chef... une dégustation de 7 recettes inédites, compositions subtiles de couleurs et de saveurs, espièglerie et prise de risque... au final, très fin, très goûteux, même si, évidemment, il y a des bouchées que l’on préfère à d’autres... une assez belle réussite... Ciao le voyage...

La suite, forcément, s’enchaîne trop vite... ballade digestive dans la nuit panaméenne (Casco Viejo, franchement, pas de quoi tressaillir... ah, ces guides !!)... puis courte nuit, sacs à refaire, derniers calages avec Edmond et Elisa pour notre rendez-vous québécois, ressortir l’uniforme infernal jean-polaire-grosses groles... on range tee-shirt et petites jupes courtes... une consolation : on va vers l’été...

Et c’est la course à l’aéroport... tacos, embouteillage, la route au milieu de la mer, les cormorans qui guettent le chaland, la grande ville, building à peinture jaune, enseignes lumineuses... l’aéroport... enregistrement, passage de douane, papiers-billet s’il vous plaît... comment ça, vous n’avez pas le papier d’autorisation de rentrer aux USA ? ah ben, non, c’est pas possible... sans le papier, vous ne passez pas ! aaaaaaaaarrrrggggghhhhhh ! mais on n’y va pas aux USA !!! une ballade aux USA, Ok, ça serait bien cool, mais là, non... OK, on fait une escale à Miami, mais c’est juste que, voilà, il n’y avait pas de direct, et, là, donc, nous, les USA, aujourd’hui, c’est pas le sujet... on se pose, on gigote trois secondes dans les couloirs de transit, et on se repose dans un coin, papattes en rond, pas bouger, promis, on n’ira pas poser de bombe, rien... même, tiens, si ça se trouve, on ira même manger un hamburger... Quoi, non ?... bon, quoi, alors, parce que nous, non, on ne reste pas là... y en a qui seraient capables de dire qu’on l’a fait exprès !... il nous faut quoi ? un ordi ? on a... le wifi ? bien sûr... Saint Wifi, priez pour nous... ah, ça, nous, on n’a pas, ça marche pas, flûte de flûte... imprimer ? ah ben, oui, là, alors, pfffff... vous n’auriez pas un plan ? un cybercafé dans l’aéroport par exemple ? genre, on aurait de la chance ? Non ? ben, pourquoi pas ? il y en avait bien un à la gare de Santa Cruz, Bolivia, frontière brésilienne... eh, oui, Madame... ah oui, vous accepteriez de nous prêter un ordi ? wooooh... cool. En même temps, c’est LA seule solution... nous voilà partis dans les coulisses des compagnies aériennes... bureaux surchargés, en profond désordre, noyés sous les notes de services, statistiques, ordres et contre-ordres... intéressant... ce monde opaque auquel on n’a jamais accès... quelques ordis... pas jeunes, bien lents, pour lesquels internet n’est qu’un trublion excessif qui fout le bordel dans leurs octets... il y a celui qui, de guerre lasse, accepte internet, l’autre qui imprime, on court de l’un à l’autre avec notre clé... et, de plantage en dysfonctionnement, de serveur indisponible en mutisme léthargique, le temps passe, les minutes qui nous séparent du décollage s’affolent doucement... et nous avec... Et enfin... Yesss, on les a !!! sauvés... les USA veulent bien qu’on pose une fesse deux heures sur leurs bancs de transit, trop cool les mecs... allez, promis, la prochaine fois, tiens, même, on s’arrêtera un peu... ;o)... de toutes façons, la traversée est-ouest en Cadillac rose, c’est écrit, on lâche pas l’affaire...

 

Ciao les Latinos... ah nous, le Grand Nord... flûte, elles sont où nos moufles ? Ed et Eli, on sait !!!!!

 

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Commentaires (1)

1. Mikrotimer 06/02/2012

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